vendredi 12 décembre 2008

LE CANYON PALO DURO

Je me suis rendu au canyon que tu m'avais recommandé le Palo Duro, voyons ! Comment te refuser quelque chose, on se connaît si peu ?

Si tu voulais faire fléchir ton bien aimé à s’installer dans ces parages, il aurait fallu faire ta demande dans les trois premiers mois où vous vous êtes connus, vous seriez peut-être là. Pas dix ans plus tard !

Quelle route aujourd'hui ...on se demande qui veut vivre là! et pourtant !!!
Tout y est, la route, des bâtiments, des bœufs et des machineries qui font un demi-kilomètre de portée et le vide, le silence et le rien y cohabitent
D'abord je n'ai pas pu quitter avant 11h30 de l'hôtel, des trucs à régler chez moi par internet, « .... .Pesez sur 2, et 5, et 6 et dites Français, pardon vous voulez dire : Français?,… Pesez alors sur 4 ou si vous voulez parler à un préposé appuyer sur étoile, pour revenir au menu principal .... » et blaw, blaw, blaw!

1 heure et demie de ça!

Moi qui venais tout juste de me doucher, je commençais à faire concurrence au Craker Barrel fort. Franchement ce fromage a la cote ici, c’est une référence!

Ensuite ce fut du soleil et la chaleur. C'est le premier jour que je remêts un de mes magnifiques petits gaminets, achetés pour l'occasion... j'ai même sué... il faisait 10 Celsius sur l'heure du midi.
Quand je suis sorti à une halte routière pour manger un peu, tout le monde (3 braves) avaient encore leur coupe-vent, un foulard et une tuque !

Pendant le trajet, une chanson m'est revenue en tête, une que j'avais composée en 1975 quand j'ai quitté St-Boniface, Manitoba, pour me rendre à Vancouver... La chanson a pour titre "Perdre la mémoire". Je me suis surpris de m'en souvenir...ces décors se ressemblent tant...je vais essayer de la retrouver...

Pendant deux heures qu'a duré ce raccourci, je n'ai croisé que deux camions FORD! C'est donc vrai qu'il n'y en a plus beaucoup... pauvre HENRI!

Il y avait dans les champs dénudés un fourrage complètement vert, comme des épinards frais, je ne sais pas ce que c'est mais les gros bœufs noirs en raffolent. Ça couvre des surfaces immenses, (5 kilm par 5 kilm )c'est comme un fourrage spécialisé qui verdit même en période froide... c'est assez fascinant.

La série de poteaux qui sont alignés et qui ne supportent que trois fils minces sur des milliers de kilomètres, ces même petits fils perdus et oubliés ont été poussés par le vent, on perdu leur aplomb, ont été retenus par des haubans, arraché par des tornades, défoncés par un camionneur hypnotisé, eux qui au départ ont tous été plantés droits et d’aplomb il y a 40 ou 50 ans, acheminent aujourd’hui ce courriel à la vitesse de la lumière, 3 fois le tour de la terre en une seconde, c’est hallucinant.


Il y a les trains qui se suivent à la queue leu, leu, tirés par trois et quatre locomotives, sous un panache noir d’une fumée dense qui se perd dans un ciel bleu éthéré, brûlée par un soleil radieux. Ils avancent à un bon rythme et transportent des remorques de camions!! C’est pour dire!
Ils doivent faire près d’un kilomètre de long, ils se suivent comme ça les uns des autres séparés par un ou deux kilomètres… un pays de fous je le dis !

J’arrive à destination il est 17h , heure locale et le soleil se couche.

Demain je fais un détour, je descends sur Carlsbad, il y a là des grottes formidables à voir , un p'tit détour proposé par la grande blonde au centre d'information touristique de ROSWELL, qui a fait un p'tit spécial pour moi !!!

Tut! tut! tut!,,, elle n'a travaillé que quinze minutes de plus ! Rien d'autre... oh toi là!
Elle fait 6pieds 1-3/4pouces… nos nez étaient vis-à-vis et nos yeux ont crochi ensemble… tout un morceau! Nourrie au bœuf local, du Hereford sans doute.

En anglais, il y a plusieurs noms pour décrire ce genre de femmes… je vous en fais grâce… surtout que c’est nasillard.

Elle faisait les propositions et je disais oui!

Pour me rendre à Tucson par El Paso et Las Cruces ??
Qu'en pensez-vous ?
J’attends vos directives… et j’arrive bientôt
Assi dans ma petite chambre à 29.99$ j’explore un Merlot Californien à 4.50$ la bouteille. Pas vilain en plus.
Plus je bois plus j’ai le sentiment d’économiser, c’est toujours ça de gagné.
C’est comme faire le plein ici, on veut rouler pour économiser encore plus c’est là nos deux seules consolations puisque le taux de change nous réserve quelques surprises au retour …1.3127 au 11 décembre 2008. Je prends une autre gorgée!
Je roule maintenant à 155$ canadien par jour tout inclus.
Quand j’étais Conseiller au CNRC, je roulais à beaucoup plus que ça!

Merci Roberpierre
(note de l'ineffable editeur: Pour de jolis noms de vaches, voir cette page)

1 commentaire:

Jacques Poirier a dit…

Oui, enfin un fonctionnaire avouant sa culpabilite devant l'appauvrissement collectif que nous subissons. Mon merlot a perdu son bec!