Du 19 au 23 Mars 2009 A deux jours du printemps, 15,600 km dans l’corps, dans le cœur, dans l’cou et dans l’bras.
Le 23 je quitterai le Mexique, je n’en aurai fait que le tour. Je me réserve le centre pour un autre moment.
En bref
Il y a au moins quatre mystères au Mexique.
Le premier et non le moindre.
Je n’arrive pas à m’expliquer comment il se fait qu’un pays aussi riche soit aussi pauvre.
Deux océans proches l’un de l’autre, un désert irrigable, un climat plein de tout, du soleil et de la pluie, de la végétation, des fruits et légumes a en perdre tous les jours de 20% à 50%, un voisin gourmand et riche, des montagnes et des plaines, de la forêt et du pâturage à perte de vue, un fond de terrain de pierres, de roc et de sable capable de supporter des charges énormes, aucun cycle de gel ou de dégel, des routes qui vont partout, une population aimable et vaillante et travaillante…La durée de vie utile d’une voiture ici est au moins le double de chez nous. Le coût de construction est au moins trois fois moins cher que chez nous et à la campagne je dirais dix fois moins.
Il doit y avoir un voleur ou deux c’est sûr!…Autant de richesse dans autant de pauvreté… c’est tout un mystère.
Selon le plus récent compte-rendu du gouvernement (2008) il est courant de rencontrer des salaires de 7 à 8 dollars par jour (11.7%, 150$/mois; 20%, 250$/mois, 23.5%, 350$/mois; 17%, 550$/mois; 11.8% 800$/mois, les autres ne sont pas affichés) et je paye mes bananes moins cher au Québec qu’ici. Je paye mon essence, le café, la bière, le même prix que chez nous et les mexicains réagissent encore bien!
Les camionneurs, les rois de la route, le sang de l'économie, de l'import-export, commencent à manifester...
Il n’y a que l’habitation qui soit vraiment bon marché! Faut voir ce dans quoi ils habitent, plus simple que ça, ça s’appelle une niche à chien. Le climat y est pour beaucoup. Les enveloppes de bâtiments n’ont que trois fonctions de base, les nôtres sept à huit et six mois de chauffe.
Le deuxième semble drôle mais il ne l’est pas du tout.
La côte Pacifique et la côte Atlantique sont deux mondes diamétralement opposés, mais une constante demeure….
L’état des routes est tellement chaotique que nul ne peut prévoir sur 150 km si on se retrouvera pour 25 km sur un bout d’autoroute (autopista) neuve, sur 25 km sur un bout d’une route nationale (la «libre ») fréquentée par des poules et des ânes et sur un autre 25 km sur de la terre et du sable.
Il y a les « libres » et les « cuota ».
Les « libres » ne le sont pas pour les autos, elles le sont pour tous les autres usagers de la route, on y fait ce qu’on veut et l’auto doit s’attendre à tout même au pire.
La « cuata » elle est vraiment libre, c’est celle que les automobilistes financent à l’usage… une vraie poule aux œufs d’or pour le gouvernement…j’ai compté en moyenne 5$ pour 150 km de route. Je pense que le gouvernement fait fausse route en décourageant l’usage de son meilleur réseau routier, toute l’efficacité du pays y perd au change.
Mais le comble c’est qu’il n’existe aucun standard pour régir l’omniprésence des dos d’ânes, les host...s de « topes » ou « reductores de la velocidad » ou « vibratores ». Chaque village y va de son imagination.
Des gros, des larges, des petits, des inexistants, des très visibles, des jaunes, des ocres, des blancs, des hauts et des bas, des bosses ou des creux…je n’arrive pas à les énumérer tous.
Le pays a imposé, comme il se doit, une signalisation pour indiquer un arrêt, ici c’est un ALTO et il est rouge, le pays a imposé des feux, des « semaforos » ils sont rouge, jaune et vert comme partout dans le monde; mais lorsqu’il s’agit des « topes » alors là c’est la chance, le hasard, le bris ou la mort.
J’ai fait inspecter mon véhicule aujourd’hui… il y a des cicatrices en dessous et heureusement tout mon système de direction a résisté. J’ai vu des cardans s’y briser, des systèmes d’échappements s’arracher et une moto partir en l’air. J’ai entendu des criks!, des craks!, des tocs! et des tacs! Même des tabarnaks! Bizarre de système!
Le troisième mystère est l’omniprésence continue de taxis
Ils sont partout, ils sillonnent les moindres rues, racoins, culs-de-sac, ils connaissent tout de la ville, ils sont en concurrence directe avec le système de transport en commun « los collectivos » et fonctionnent au même tarif. L’autobus vous coûte 0.55$, le taxi de même pour la même course.
Ils ne refusent aucun passager et en entassent dans leur voiture autant qu’elle peut en contenir. Il y a même des mains, des coudes et des têtes qui débordent, les enfants assis sur la maman, la copine sur le copain. Le seul qui occupe une place exclusive c’est le chauffeur. Ceinture pas ceinture on y va!
A ce jour je n’ai vu que trois femmes-chauffeurs. C’est un métier d’hommes, mais plus de 60% des passagers sont des femmes avec leurs enfants. Si vous marchez dans la même direction qu’eux, on vous klaxonne. On ne les appelle pas ils vous sollicitent, l’offre déborde la demande.
Ne levez pas la main pour saluer un ami, pointer une étoile ou chasser une mouche, tout de suite ils accourent en croyant que c’est le signal espéré. Plusieurs se hasardent à des virages en U, en L, en Z, en O, en T, tous interdits.
Jetez une poignée de morceaux de mie de pain à la place St-Marc à Venise en Italie et vous serez envahi de centaines de pigeons en quelques secondes, c’est un peu semblable ici… et toujours ce petit « tut! tut! » distinctif, agaçant qu’on reconnaît où qu’on soit au Mexique…jour et nuit. J’imagine la ville de Mexico!!!
Le mystère : Comment font-ils tous pour arriver à en vivre?
Le quatrième mystère en est un vrai comme chez nous au Québec :
Une femme qui donne naissance tout en restant vierge.
Au Mexique ce mystère est doublé d’un second.
C’est la sainte vierge de la Guadeloupe qui est la reine ici. Comment? Pourquoi? Dieu seul le sait mais ça fait l’unanimité à travers le pays.
La Guadeloupe n’a pourtant rien d’un territoire espagnol! Elle a déclassé la sainte vierge Marie, mère de Jésus lui-même… faut l’faire!
La Guadeloupe est une ancienne colonie française,
La Guadeloupe est à la fois une région d'outre-mer et un département d'outre-mer français (numéro 971).
Ce petit archipel des Antilles (mer des Caraïbes) se trouve à environ 7 000 km de la France métropolitaine, 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 600 km à l'est de la République dominicaine et à 950 km au sud-est des États-Unis.
Autrefois appelée calaou çaera, puis Karukera (« île aux belles eaux »), la Guadeloupe tient son nom actuel du Monastère royal de Santa María, situé dans la ville espagnole de Guadalupe, dans la province de Cáceres en Estrémadure, dont la statue de la Vierge (la « Virgen de Guadalupe »), était vénérée par Christophe Colomb qui vint la remercier pour son aide lors de la découverte du « Nouveau monde ».
Même après quelques efforts et échecs retentissants, les Mexicains célèbrent à tous les ans les déboires des français qui n’ont jamais réussi à s’y implanter et c’est pourtant elle qui les domine toutes et tous dans le palmarès des saints de ce pays.
A ce jour personne n’a pu me donner d’explications valables autres que le fait qu’elle serait apparue en personne à quelques fidèles au début de la conquête espagnole et que depuis, tout le monde, surtout la paysannerie idolâtre et la moins éduquée, lui voue un culte sans borne.
Au moins chez nous le frère André était connu de tous, la vierge Marie à travers toute la chrétienneté, mais ici au Mexique, celle de la Guadeloupe demeure pour moi une énigme, même Celine n’a pas réussi à la déloger, faudra faire appel à maman Dion dans les circonstances, c’est une affaire de femmes c’t’histoire.
A n’y rien comprendre
Roberpierre.
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mardi 24 mars 2009
dimanche 25 janvier 2009
A 30 minutes d'Acapulco
Acapulco le 24 janvier 2009
J’ai bien dormi, je suis à 30 minutes d’Acapulco, je bois mon jus de fruits de mangue, c’est le moins cher! Je mange deux bananes (elles sont plus chères qu’au Québec!) un kiwi, (au même prix) et j’attaque la sainte ville!
C’est le merdier total, on refait la route nationale, c’est aussi la rue principale, ça fait trois ans que ça dure. Des talus de sable ici, un pont de fortune là, des brèches partout et il faut que « los camiones » passent! C’est vital mais pas de place pour le vélo. On laisse un âne brouter la dernière fleur de macadam qui a poussé dans un joint mal scellé de la conduite d’eau… la rue nous expose ses entrailles!
Le pays n’a pas de politique de recyclage. Imaginez le décor rural et le décor urbain… ça jette tout par les fenêtres! Ce qui est vrai à 30 km, l’est encore plus à 20, 10, 5 et Vlan! Je suis dedans…j’entre par la partie la plus ancienne, le vieux Acapulco n’a rien de très charmant, à ce chapitre, Puerto Vallarta est une merveille! Il fait 38 à l’ombre et on y cuit de la bidoche sur des grilles enfumés.
Je suis envahi, poursuivi, accompagné de coccinelles, comme des coquerelles, ces petites Volkswagen (la voiture du peuple) des années 70 se sont toutes donné RdV à Acapulco,. Bosselées, débosselées, refaites, repeintes au fusil, à la main, avec ou sans capot, avec ou sans fenêtres, une porte est tenue par d’immenses élastiques, une autre parade dans une tenue complètement refaite, de quoi faire rougir de fureur le « führer » qui les a exigées en 1940! Ça fait fureur ! Une vraie ruche.
Ici il y a trois voies de large à gauche et une seule à droite, pourquoi ? Je cherche encore la réponse, et soudainement c’est l’inverse !!!
Quand je demande mon chemin on me dit souvent tout droit : «derecho» alors qu’il n’y rien de droit.!!! Ils ont tous l’index croche, c’est peut-être la réponse… Le seul qui n’a pas encore d’éraflures, c’est moi, je sens que bientôt ça va y être! Enfin j’esquive, je reste poli, des fois ça fait penser aux rues du Vietnam avec des « sémaforos » qui clignotent pour rien, des « ALTO » (Arrêt) qui ne servent plus…mais des « topes » partout.
C’est le traitement le plus traître que ces Chr…sss de « TOPES », des « s’ties de dos d’ânes » couchés partout sur la route nationale, dans les villages, dans les villes, je crois qu’ils en mettent dans leur chambre à coucher ma foi! Elles sont radicalement efficaces, vous arrivez à vive allure, si elles ne sont pas annoncées, bang!! dedans, ça fesse! Des fois elles n’y sont pas et on les cherche, aucun standard, des p’tites, des grosses, des rondes , des plates, comme les fesses! On traverse ainsi les villages sur la pointe des pieds, c’est la terreur!
Imaginez la nuit!
Enfin je longe la plage, la mexicaine, sans trop intérêt, et après une heure en direction sud toujours, c’est la fracture totale : Les gratte-ciel, les Burger King, les Mac Do, le WalMart immense, le « Mercado Mexicali » qui lui fait concurrence, le boulevard à 6 voies et une rangée de palmiers généreusement arrosés, un terre-plein et des sémaphores qui fonctionnent, des coccinelles partout pleines à craquer de « blancos » qui se cherchent des économies en se payant ces petites courses en coccinelles pour moins que rien et à trois ils ont bourré la pauvre au grand plaisir du chauffeur qui klaxonne de joie!
Moi je suis, j’esquive, je refais un virage en U interdit et je passe devant les « playas des Estades-unidos y otros blancos... », c’est le même scénario qu’à Puerto Vallarta mais le charme n’ y est même pas.
Non, je ne resterai pas à coucher ici ce soir, il y fait trop chaud…c’est bruyant rien ne m’y plaît!
J’arrête faire le plein au monopole national PEMEX (Pétrole de Mexico)… et y prendre un café américain. (C’est ça ou de l’instantané! Ok là !)
Une mexicaine s’installe en face de moi…un type que je n’ai pas encore vu, elle semble avoir des traits d’une tribu des Mayas : Un nez aquilin fort, des narines aplaties et des yeux noirs sous des arcades sourcilières très prononcées et un front fuyant… beaucoup de dents et une en or!!
Elle me conseille de fuir la ville tout comme mon ami François et de me diriger vers une plage au sud chez Félix, qu’elle affectionne particulièrement, à une heure de San Marcos. San Marcos est à une heure et demie d’Acapulco. La route sera longue et pleine de courbes mais pas de montagnes. Elle me met en garde puisque cette route très fréquentée est très « estrecha ».
Estrecha ! Retenez ce mot, ça veut dire étroite.
Quand une mexicaine vous dit qu’elle est « estrecha », c’est que c’est vrai ! mais ça passe. Eh oui! même s’il faut plier les rétroviseurs de temps à autre, ça passe! Je crois que le mot anglais « strecht » doit y être apparenté!
Quand on vous dit une heure, il faut doubler, quand on vous dit que ce n’est pas « lehos » (loin), c’est que c’est au moins le double de ce qu’on vous a dit !! C’est comme ça !
Mes deux cartes de crédit VISA sont refusées chez PEMEX !!!
PEMEX c’est l’Hydro-Québec du Mexique… à part les «Iglésias » (églises) et les bâtiments publics, les seuls qui semblent être construits avec un minimum de normes ce sont ceux là! C’est du sérieux.
Et là on me refuse mes cartes de crédit! Je dois payer en « effectivos » (comptant)… je devrai vérifier auprès de Desjardins et Visa etc…..
Ce sera chez le concessionnaire Toyota que je pourrai faire tout ça. Je serai près du nouvel aéroport, dans le partie neuve d’Acapulco. Le service y est impeccable! Accès à internet, au téléphone, à tout et on vous sert le café et du « pane dulce » à l’air climatisé et où, aux toilettes, le papier est inclus et on peut le jeter directement dans le bol.
Un appel au Québec, à frais virés et une heure plus tard mes cartes sont toujours activées et on m’assure que le problème vient de PEMEX, je n’en reviens pas! Si le président savait ça!
On a vérifié l’état de mes freins et tout ça pour rien, « nada » !! Des sourires et des bon voyage!
Adios Acapulco qui s’étire au sud sur plus de 10 km d’hôtels à flanc de mer où on fait la navette entre l’Aéroport et votre chambre en voiture surdimensionnée pour les CELINE de ce monde!!!!
Ces voitures sont condamnées à ce secteur, c’est sûr!
Ensuite c’est le chapelet interminable de « ristaurantes mexicanos authenticos », ceux qui se climatisent au centre d’Acapulco sont invités à s’y rendre pour y découvrir enfin le « vrai » Mexique. Les coccinelles abondent, les limousines suivent et les autocars aussi.
Je me dois d’arriver à la « playa las Venturas de Copala ,à la Bolumba de Felix » avant le coucher du soleil et la route est en effet « estrecha » longtemps et pleine de « curbas ».
Ce qui devait prendre trois heures en a pris cinq! Mais je suis sur le bord de la mer, je me baigne, je prends ma douche. Il fait un bon vent et j’en suis à ma troisième « CORONA con lemon ».Je vous écris à la table de l’hôtel où ce Felix me reçoit, lui qui est venu passer un mois au Québec il y a cinq ans voir son frère qui travaile comme homme à tout faire chez nous. !
Le lieutenant-capitaine de la « Polizia federal », y a stationné son véhicule et s’est stationné lui-même au bar pour se faire servir une « cervesa especial ». A quel prix ? Je ne le saurai jamais.
Pour la promesse d’y passer deux nuits, il me fait un rabais à 30$ la nuit au lieu de 40$ pour le Lolo-M-7 (voir photo)tout neuf. Un hexagone en planches ajourées surmonté d’un chapeau étanche en rameaux de palmier. C’est aussi l’apparition u filet anti moustique. Au dessus du lit.
C’est loin du 10$ que j’ai payé la veille, mais ça tient la moyenne prévue.
Felix tire profit de tout, la douche est en supplément, la TV est en supplément, l’Internet n’est pas disponible et j’ai branché mon ordino à son système électrique pour un supplément de 0.15$. pour toute la soirée.
Seul ? me dit-il. Un massage?
Un tout inclus avec traitement spécial ? Elle est là en retrait, toute prête, toute mignonne, souriante, on la croirait amoureuse, une bouche humide en forme de cœur pour m’oindre de ses mains pour 80 $. Deux nuits pour 125$. Non Merci! De grâce, gratias! (Photo non incluse)
Après 54 jours j’en suis à 76.66$ par jour. Ça c’est du tout inclus!
C’est un endroit reculé, c’est un labyrinthe de petits bars, petits hôtels, proprets à souhait, connus que des mexicains. Le sien c’est le dernier au bout de la piste chaotique et sinueuse. La mer s’y brise sur d’immenses roches oubliées par des glaciers paresseux et que les innombrables couchers de soleil n’ont pas encore réussi à faire fondre.
Le policier a quitté, il aura bu trois bières et il reprend son service pour la nuit, moi je vais me coucher. J’étais le seul blanc bec à bord!
A plus
Felix est d’origine africaine, il ne sait pas de quel pays, mais il me confirme qu’il y a bel et bien de la discrimination raciale au Mexique, pas autant qu’aux États-Unis mais il le sait, il le sent depuis son enfance. Il est marié à une femme espagnole!!! Il me dit que c’est comme au Brésil où on fait semblant que le problème de la ségrégation n’existe pas!
Se le faire dire par un noir, ça compte!
Je retourne à la mer au coucher du soleil où les pélicans (alcatraz, le nom indigène) se font nombreux et picorent à volonté dans la cafétéria gratuite de la sardine et du ????.
Roberpierre,
J’ai bien dormi, je suis à 30 minutes d’Acapulco, je bois mon jus de fruits de mangue, c’est le moins cher! Je mange deux bananes (elles sont plus chères qu’au Québec!) un kiwi, (au même prix) et j’attaque la sainte ville!
C’est le merdier total, on refait la route nationale, c’est aussi la rue principale, ça fait trois ans que ça dure. Des talus de sable ici, un pont de fortune là, des brèches partout et il faut que « los camiones » passent! C’est vital mais pas de place pour le vélo. On laisse un âne brouter la dernière fleur de macadam qui a poussé dans un joint mal scellé de la conduite d’eau… la rue nous expose ses entrailles!
Le pays n’a pas de politique de recyclage. Imaginez le décor rural et le décor urbain… ça jette tout par les fenêtres! Ce qui est vrai à 30 km, l’est encore plus à 20, 10, 5 et Vlan! Je suis dedans…j’entre par la partie la plus ancienne, le vieux Acapulco n’a rien de très charmant, à ce chapitre, Puerto Vallarta est une merveille! Il fait 38 à l’ombre et on y cuit de la bidoche sur des grilles enfumés.
Je suis envahi, poursuivi, accompagné de coccinelles, comme des coquerelles, ces petites Volkswagen (la voiture du peuple) des années 70 se sont toutes donné RdV à Acapulco,. Bosselées, débosselées, refaites, repeintes au fusil, à la main, avec ou sans capot, avec ou sans fenêtres, une porte est tenue par d’immenses élastiques, une autre parade dans une tenue complètement refaite, de quoi faire rougir de fureur le « führer » qui les a exigées en 1940! Ça fait fureur ! Une vraie ruche.
Ici il y a trois voies de large à gauche et une seule à droite, pourquoi ? Je cherche encore la réponse, et soudainement c’est l’inverse !!!
Quand je demande mon chemin on me dit souvent tout droit : «derecho» alors qu’il n’y rien de droit.!!! Ils ont tous l’index croche, c’est peut-être la réponse… Le seul qui n’a pas encore d’éraflures, c’est moi, je sens que bientôt ça va y être! Enfin j’esquive, je reste poli, des fois ça fait penser aux rues du Vietnam avec des « sémaforos » qui clignotent pour rien, des « ALTO » (Arrêt) qui ne servent plus…mais des « topes » partout.
C’est le traitement le plus traître que ces Chr…sss de « TOPES », des « s’ties de dos d’ânes » couchés partout sur la route nationale, dans les villages, dans les villes, je crois qu’ils en mettent dans leur chambre à coucher ma foi! Elles sont radicalement efficaces, vous arrivez à vive allure, si elles ne sont pas annoncées, bang!! dedans, ça fesse! Des fois elles n’y sont pas et on les cherche, aucun standard, des p’tites, des grosses, des rondes , des plates, comme les fesses! On traverse ainsi les villages sur la pointe des pieds, c’est la terreur!
Imaginez la nuit!
Enfin je longe la plage, la mexicaine, sans trop intérêt, et après une heure en direction sud toujours, c’est la fracture totale : Les gratte-ciel, les Burger King, les Mac Do, le WalMart immense, le « Mercado Mexicali » qui lui fait concurrence, le boulevard à 6 voies et une rangée de palmiers généreusement arrosés, un terre-plein et des sémaphores qui fonctionnent, des coccinelles partout pleines à craquer de « blancos » qui se cherchent des économies en se payant ces petites courses en coccinelles pour moins que rien et à trois ils ont bourré la pauvre au grand plaisir du chauffeur qui klaxonne de joie!
Moi je suis, j’esquive, je refais un virage en U interdit et je passe devant les « playas des Estades-unidos y otros blancos... », c’est le même scénario qu’à Puerto Vallarta mais le charme n’ y est même pas.
Non, je ne resterai pas à coucher ici ce soir, il y fait trop chaud…c’est bruyant rien ne m’y plaît!
J’arrête faire le plein au monopole national PEMEX (Pétrole de Mexico)… et y prendre un café américain. (C’est ça ou de l’instantané! Ok là !)
Une mexicaine s’installe en face de moi…un type que je n’ai pas encore vu, elle semble avoir des traits d’une tribu des Mayas : Un nez aquilin fort, des narines aplaties et des yeux noirs sous des arcades sourcilières très prononcées et un front fuyant… beaucoup de dents et une en or!!
Elle me conseille de fuir la ville tout comme mon ami François et de me diriger vers une plage au sud chez Félix, qu’elle affectionne particulièrement, à une heure de San Marcos. San Marcos est à une heure et demie d’Acapulco. La route sera longue et pleine de courbes mais pas de montagnes. Elle me met en garde puisque cette route très fréquentée est très « estrecha ».
Estrecha ! Retenez ce mot, ça veut dire étroite.
Quand une mexicaine vous dit qu’elle est « estrecha », c’est que c’est vrai ! mais ça passe. Eh oui! même s’il faut plier les rétroviseurs de temps à autre, ça passe! Je crois que le mot anglais « strecht » doit y être apparenté!
Quand on vous dit une heure, il faut doubler, quand on vous dit que ce n’est pas « lehos » (loin), c’est que c’est au moins le double de ce qu’on vous a dit !! C’est comme ça !
Mes deux cartes de crédit VISA sont refusées chez PEMEX !!!
PEMEX c’est l’Hydro-Québec du Mexique… à part les «Iglésias » (églises) et les bâtiments publics, les seuls qui semblent être construits avec un minimum de normes ce sont ceux là! C’est du sérieux.
Et là on me refuse mes cartes de crédit! Je dois payer en « effectivos » (comptant)… je devrai vérifier auprès de Desjardins et Visa etc…..
Ce sera chez le concessionnaire Toyota que je pourrai faire tout ça. Je serai près du nouvel aéroport, dans le partie neuve d’Acapulco. Le service y est impeccable! Accès à internet, au téléphone, à tout et on vous sert le café et du « pane dulce » à l’air climatisé et où, aux toilettes, le papier est inclus et on peut le jeter directement dans le bol.
Un appel au Québec, à frais virés et une heure plus tard mes cartes sont toujours activées et on m’assure que le problème vient de PEMEX, je n’en reviens pas! Si le président savait ça!
On a vérifié l’état de mes freins et tout ça pour rien, « nada » !! Des sourires et des bon voyage!
Adios Acapulco qui s’étire au sud sur plus de 10 km d’hôtels à flanc de mer où on fait la navette entre l’Aéroport et votre chambre en voiture surdimensionnée pour les CELINE de ce monde!!!!
Ces voitures sont condamnées à ce secteur, c’est sûr!
Ensuite c’est le chapelet interminable de « ristaurantes mexicanos authenticos », ceux qui se climatisent au centre d’Acapulco sont invités à s’y rendre pour y découvrir enfin le « vrai » Mexique. Les coccinelles abondent, les limousines suivent et les autocars aussi.
Je me dois d’arriver à la « playa las Venturas de Copala ,à la Bolumba de Felix » avant le coucher du soleil et la route est en effet « estrecha » longtemps et pleine de « curbas ».
Ce qui devait prendre trois heures en a pris cinq! Mais je suis sur le bord de la mer, je me baigne, je prends ma douche. Il fait un bon vent et j’en suis à ma troisième « CORONA con lemon ».Je vous écris à la table de l’hôtel où ce Felix me reçoit, lui qui est venu passer un mois au Québec il y a cinq ans voir son frère qui travaile comme homme à tout faire chez nous. !
Le lieutenant-capitaine de la « Polizia federal », y a stationné son véhicule et s’est stationné lui-même au bar pour se faire servir une « cervesa especial ». A quel prix ? Je ne le saurai jamais.
Pour la promesse d’y passer deux nuits, il me fait un rabais à 30$ la nuit au lieu de 40$ pour le Lolo-M-7 (voir photo)tout neuf. Un hexagone en planches ajourées surmonté d’un chapeau étanche en rameaux de palmier. C’est aussi l’apparition u filet anti moustique. Au dessus du lit.
C’est loin du 10$ que j’ai payé la veille, mais ça tient la moyenne prévue.
Felix tire profit de tout, la douche est en supplément, la TV est en supplément, l’Internet n’est pas disponible et j’ai branché mon ordino à son système électrique pour un supplément de 0.15$. pour toute la soirée.
Seul ? me dit-il. Un massage?
Un tout inclus avec traitement spécial ? Elle est là en retrait, toute prête, toute mignonne, souriante, on la croirait amoureuse, une bouche humide en forme de cœur pour m’oindre de ses mains pour 80 $. Deux nuits pour 125$. Non Merci! De grâce, gratias! (Photo non incluse)
Après 54 jours j’en suis à 76.66$ par jour. Ça c’est du tout inclus!
C’est un endroit reculé, c’est un labyrinthe de petits bars, petits hôtels, proprets à souhait, connus que des mexicains. Le sien c’est le dernier au bout de la piste chaotique et sinueuse. La mer s’y brise sur d’immenses roches oubliées par des glaciers paresseux et que les innombrables couchers de soleil n’ont pas encore réussi à faire fondre.
Le policier a quitté, il aura bu trois bières et il reprend son service pour la nuit, moi je vais me coucher. J’étais le seul blanc bec à bord!
A plus
Felix est d’origine africaine, il ne sait pas de quel pays, mais il me confirme qu’il y a bel et bien de la discrimination raciale au Mexique, pas autant qu’aux États-Unis mais il le sait, il le sent depuis son enfance. Il est marié à une femme espagnole!!! Il me dit que c’est comme au Brésil où on fait semblant que le problème de la ségrégation n’existe pas!
Se le faire dire par un noir, ça compte!
Je retourne à la mer au coucher du soleil où les pélicans (alcatraz, le nom indigène) se font nombreux et picorent à volonté dans la cafétéria gratuite de la sardine et du ????.
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