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lundi 30 mars 2009

É.U. Nouvelle Orléans, Eunice


Quand on voit ça , ça crée un p'tit pincement au coeur, mais quand on entend ce qui reste de français dans la parlure des gens, ça vous déchire en morceaux...
Elle me confirme qu'à son décès, "le frança icitte, y'en restra plus qu'un p'tit brin." Quand c'était interdit, on parlait frança, à c't'heure que c'est permis on ne l'parle plus !" Elle ressemble beaucoup à ma grand-mère Yvonne Landreville. Je lui ai offert un chanson tout en français, juste pour elle, toute seule dans SON musée où elle passe ses 5 jours semaines. Dehors c'est l'orage total, il pleut et tonne! "Le ciel est ben fâché",qu'elle me dit.
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lundi 23 mars 2009

Madero, Tampico vers la frontière des É.U.

Du 19 au 21 Mars 2009
De Madero à la frontière des É.U.

Depuis quatre heures je circule à travers un paysage vallonné, magnifique, on est en pleine saison de récolte des « naranjas ». Les arbres en sont pleins, les kiosques de fortune le long de la route les étalent autant qu’ils le peuvent, c’est orange sur vert sur des centaines de kilomètres. Les camions en sont surchargés, à se demander si celles du dessous ne sont plus que jus à l’arrivée.

La récolte de la canne à sucre qui se fait au même moment n’a rien de poétique en comparaison.
Les camions ont en moyenne 15 ans d'âge et crachent du diesel à plein ciel, ils se suivent à la queue leu leu.

Les Mexicains célèbrent l’arrivée du printemps le 20, en pleine rue tout près du grand marché, où les pièces de viande pendouillent devant des mains souillées et des sourires curieux de deux « chicas » qui veulent absolument essayer leur anglais avec moi. Vous devinez la réponse.

Tout un cortège d’autos décorées de ballons, de gouache, de graffitis et des enfants assis sur les capots brûlants qui sautillent à chaque fois qu’on traverse un « topes ». On dirait des sardines enjouées dans une poêle. Je n’arrive pas à comprendre comment ils restent en place, sont-ils attachés, je n’y vois rien.

Ça klaxonne à mettre en sourdine les milliers de « taxis » qui tentent de vous aborder ainsi jours et nuits.

Tampico c’est la ville où PEMEX raffine son pétrole, le Mexique en compte cinq. Ça circule lourd, le nouveau pont suspendu, on vous le fait payer à l’entrée et à la sortie!
A Tampico on annonce « Playas » à l’aide d’un sigle descriptif où un palmier est planté dans de l’eau… c’est là qu’on va! On quitte Tampico pour Madero, non ce n’est pas du bois qu’on me dit, c’est un personnage important de l’histoire de cette ville, il s’appelle Dubois! Ça peut arriver chez nous aussi!

Madero à l’ombre du panache enfumé de Tampico.

Ce sera un soir de camping sur la « playa » juste en face d’un petit restaurant sans prétention qui me servira un filet de poisson frais « à la diabla ». Un mexicain de passage offre trois chansons pour 10$. Un couple d’amoureux s’offre cette romance. Il chante bien fort et fausse à tue-tête. Il a des ongles gros comme des pelles. Les amoureux connaissent ces chansons par cœur et chantent avec lui les larmes aux yeux.
Les « corazon » résonnent et résonnent

J’applaudis de loin. Il a vu ma guitare dans ma voiture il viendra me parler. Il est gaucher et n’a jamais joué de la main gauche… toute une aventure commence!
La soirée se terminera à la grande noirceur, en compagnie d’un autre couple d’amoureux qui viendront se saouler à ma table en m’offrant une « tequilla » spéciale. Il m’avoue qu’il est homosexuel et désire m’embrasser. Pas chanceux, ni lui, ni moi!

Demain j’en profite pour faire réviser et réparer tous les petits bobos que ma voiture a encaissés depuis trois mois, on refait du débosselage, du polissage, une peinture, une vérification de la direction, des rotules et de la suspension, les éraflures sur le silencieux, le catalyseur…tout ça en deux jours pour 375$. Le tiers de ce que cela me coûterait au Québec.
J’accepte et je passerai ces jours ici à la plage pour faire le point et me préparer à affronter la folie à la frontière.
Samedi après-midi ce sera Matamoros, Mex.et Brownsville, É.U….ouff! Lieu historique, on s’en doute de la guerre Mexico-États-Unienne de part et d’autre de la rivière. Lieu stratégique sur le Golfe.

On m’en a parlé de long en large de ce poste de fous.
Ça ne peut être pire que Tijuana ma foi, que je me répète.

Faire le grand détour par Monterey ne m’enchante guère. A la guerre comme à la guerre. J’irai avec mon petit char d’assaut remis à neuf, affronter ces douaniers méfiants, ces chiens renifleurs, ces marchands de peccadilles et je dirai « Adios » de mon meilleur mexicain à tous ceux qui me demanderont « Where are you from and where are you going, do you speak english? »

Aussitôt que je récupère ma voiture je file.

Depuis mon entrée au Mexique je n’ai connu aucun jour de pluie…excepté aujourd’hui, jour de mon départ. Devrai-je attendre une journée de plus ?

La télévision m’offre trois postes, un pour apprendre l’anglais rapidement avec Donald Duck, l’autre est embrouillé et enfin le dernier, c’est une comédie burlesque où deux vachers mexicains chantent à cheval leur « corazon » à deux magnifiques « muheres » qui les accompagnent en quartet. L’image est nette et le son est clair. L’antenne est bonifiée de deux cintres de métal un peu rouillés. Ça marche.
C’est curieux les mexicains que je vois à la télévision depuis le tout début ne ressemblent en rien aux mexicains que je croise dans les rues, les « pueblos », les « playas », les marchés,…on dirait deux mondes! Ça vient peut-être de Mexico!
La voiture est prête, nette mais je devrai dormir à la plage encore une nuit, c’est Samedi, la plage est pleine, de 5 à 6 milles mexicains. Je suis le seul « blanco » depuis trois jours.

Je ferai la moitié du parcours en me dirigeant à la plage d’un lieu qu’on nomme « la Pesca » un port de pêche on s’en doute. Le ciel est clair, étoilé et le fond de l'air est frais…j’ai quitté le sud.

Bientôt je parlerai la langue du maître en traversant son pays rapidement. J’irai voir les dégâts de Christina et m’amuser dans les rue de la Nouvelle Orléans et si le temps me le permet j’irai dans les bayous voir et entendre comment nos "cajuns" s’en tirent.
Bonne nuit.
Roberpierre

dimanche 8 février 2009

La cabania de Roberpierre




Il se pourrait que la toute dernière chanson et la pleine lune aient eu de l'effet sur les moeurs amoureuses des batraciens mais aussi de ces deux beaux allemands en début de la trentaine...je crois que je vais continuer d'écrire. C'est -y- pas beau ça?



A la Cabaña de Roberpierre "on se cherche" et on le répète...En este chäteau, repetimos y repetimos, " Buscamos " " Gire la página " y otros(as) con Linda (danzante) y Thomás (percussioniste)





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mercredi 4 février 2009

Salir de Zipolite

« Salir de Zipolite » 3 février 2009

Dans un château y avait Bozo…(F.Leclerc)

Ils sont tous partis, la place est toute à moi, bien campé là haut dans mon « castillo » de fortune je me dis que je dois apprendre à bien faire cela : Le RIEN. Apprendre à gérer le rien, un vrai luxe…

Terminé l’écriture d’une toute dernière chanson, j’ai tout le loisir de la peaufiner, de la répéter, le dernier bébé celui qu’on chéri en oubliant un peu les autres… c’est comme ça!
Les campeurs sont sympas, très au naturel, mais aussi un peu brouillons, ils ont laissé la place avec des tout petits riens qui finalement attirent mouches, oiseaux et autre petits gourmands…le déchet le plus nombreux c’est les mégots de cigarettes, chasser le naturel et il revient vite au galop, le salaud !
La femme de ménage ne vient pas ici tous les jours balayer le plancher! En fait elle ne vient jamais. Je dirais qu’elle n’est jamais venue la pauvre ! Si elle en connaissait seulement les plaisirs.
On me passe un râteau pour rien et moi je leur dit que je ferai le travail pour le même montant.
Mon petit château mérite lui aussi quelques retouches et une rallonge électrique serait d’un grand secours. Je vois la grimace, elle est la même en français qu’en espagnol, je leur explique que je suis obligé d’aller prendre ma « cerveza » chez le voisin pour pouvoir me servir de mon « computadora ». Ils ont vite compris, j’ai maintenant une prise de courant.
Pour le « martillo »ce sera « maniana » c'est-à-dire trois jours plus tard. Celui qu’on m’amène, j’en casse le manche sur le champs, il reviendra avec un vrai!

Maintenant que j’ai tout, mon château, ma plage, mon silence, ma musique, mon courriel à portée du désir, il m’arrive deux jeunes files de la Californie, une vraie (blonde) et une fausse( brunette), elles sont malades, elles ont mangé un « tortilla » au poisson sur la plage, offert par un beau mexicain basané qu’on ne peut discerné. (C’est peut-être mieux ainsi!)
Passé le midi on nous conseille de ne pas manger du poisson, il est frais de la veille ou du matin mais le soir venu…hum ! Même les Mexicains cessent de servir ou de consommer crevettes, crabe, langoustes et autres semblables à compter de 14h00. À moins d’être servis dans un restaurant ou très cuits, vaut mieux s’abstenir!…aujourd’hui je joue donc à l’infirmier.
C’est attendrissant! (Voir photos –Mes voisins)

J’ai peigné ma plage, essuyé ma table, lavé ma chaise, trouvé deux bacs de recyclage, désormais ça va se passer comme ça ici sous le château de Bozo. C’est –y assez Leclerc ? J’ai même délimité une zone pour fumeurs et un bac à mégots!

La visite chez « el doctor »
J’ai consulté un médecin chirurgien, la liste d’attente est de zéro, il lave lui-même son cabinet avec une serpillère et le trottoir avec un boyau et un balai… c’est propre, propre, propre…

Je lui explique mon cas, celle de ma tendinite aigue et de ma fibromyalgie au bras gauche, tout en espagnol et avec Roberpierre c’est jamais court! Imaginez!

Maintenant qu’il connaît ma vie, celle de ma mère, de mon père, de mes frères et sœur, de mon divorce, de ma séparation, de mon voyage, du 11,300 km à tenir le volant, il me recommande des « pinunnes » et des « vitamines ». Je lui dis que je vais vérifier ses recommandations auprès de mon médecin traitant par internet… -« Pas de problème! «
Je lui demande combien je lui dois :
-« Rien! (Nada)»
Seulement si je reviens (revenir=regressar, c’est quand même pas rien! C’est régresser un peu! Ça fait réfléchir) et si je lui demande une ordonnance alors là oui, ce sera 15$!!!!
Je lui ai fait répéter trois fois, il l’a même écrit sur un bout de papier.
Et pour les « pinunnes » au max 20$ !! Des « peanuts coûtent plus cher le kilo, salées et rôties des deux bords»!!

Finalement à rien faire, on accomplit toutes sortes de choses et j’ai même le temps de me faire plaisir en rédigeant ces quelques notes sur la vie qui passe.

Mine de rien, ça affaire de ne rien faire! Je vous quitte, elles ont ouvert l’œil et émis un petit son!

Le lendemain mes deux« infirmas » sont sur pattes et s’en vont se les faire geler dans les montagnes où on se les gèle à 9 Celsius!

Ce soir sous et autour de mon château il n’y aura personne.
Roberpierre,

mercredi 17 décembre 2008

De San Diego, É.U. à Cantamar, Mexico


Enfin quitté les États-Unis, sa ville parfaite San Diego (Saint-Pierre) avec des "joggers" tout en lycra, des cyclistes sur des roues et des cadres en fibres de carbone, des casques aérodynamiques, des cheveux blonds et des yeux bleus. Si vous n'avez pas ce "kit" on peut vous le vendre ou le louer...Il y a le temporaire ou le permanent…

Ensuite il faut sourire devant une hypothèque de 2,3,4 mille dollars par mois pour des valeurs de propriétés de 1,2,3, million$ au bord de l’eau ou 300, 400, 500 mille$, si vous êtes ailleurs. Votre voiture louée doit être propre et il vous faut quelques mexicains de service pour refaire la platebande de fleurs une fois de temps en temps ainsi qu'une femme de ménage… pour la placer dans la conversation.

Tout est là! La perfection... A SanDiego, on ne veut pas de problèmes, on a même pas de tremblements de terre, ils s'arrêtent pas loin de Los Angeles, les pauvres !!
On respecte tout, le recyclage est au max... on a 300 jours et plus de soleil par année et tout semble idyllique...même la pluie leur fait plaisir, et il pleut ! On est aux zoizeaux !!! San Diego vient d'enregistrer un record à vie de précipitation.

Un p’tit sandwich jambon gruyère (du vrai) pour 8.50$ X 1.32 tx de change et vous avez payé 14$ can. environ pour un sandwich dans une très grande assiette…

Reçu de façon adorable par des amis de Jacques, sa belle-famille, on m’a même offert la plus belle chambre de la maison, de quoi je me plains? Sacré Roberpierre !!!

Après deux nuits de ce régime princier, c’est le départ pour le Mexique, un arrêt ici pour voir la plus récente bibliothèque municipale qui a reçu des tas de prix d’architecture,

Il y a aussi l'église de la religion des Mormons d’une si grande sobriété,







De Le Petit Guide Roberpierre Illustré des USA


toute blanche en pierre. Du granite, ou du "quartzite" je crois, pourquoi pas ? Les religions ont le vent dans les voiles...

Et c’est la course tout en retard, pour se rendre, côté mexicain, à la "Fonda" restaurant à la Mission » au bord de la mer, où Nicole, Sarah, et John nous attendent déjà depuis une heure et plus devant des verres de Tequila presque vides et des nachos épicés à volonté…dont les restes refroidis en attendent d’autres…

La frontière est transpercée à la vitesse de l’éclair, on en choisi au hasard un sur 300, pour « inspection » les autres passent incognitos, j’ai passé si vite que je n’ai jamais su de quel côté j’étais jusqu’à ce que je me rende compte qu’il y avait partout des nids de poule, j’étais au Mexique !!
Je me sentais presque chez moi…
Par les temps qui courent les trafiquants ont de la peine à traverser la crise monétaire, des armes contre de la drogue. Ça fait des morts et ça coupe des têtes…la frontière en a plein les bras !



Je serai le chauffeur désigné…. Mes hôtes en profitent pour se la saouler douce ….

Arrivés à la maison de Cantamar (Le chant de la mer) vers 20h00, un clôture contrôlée et surveillée nous donne accès à un petit ensemble de maisons en maçonnerie et enfin la porte s’ouvre sur le nid de Jacques et Nicole.




Ni un ni deux, un peu, pas mal de musique cacophonique joyeuse et sans prétention et tour à tour les plus faibles lâchent le jour pour aller se reposer dans le nuit profonde…
La suite dans quels jours....